Washington et Bogota contre Hugo Chávez

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La fabrication du dossier d’accusation

par Salim Lamrani*

Le Venezuela ne pose pas seulement un problème politique aux États-Unis, il détient des ressources énergétiques dont ils auront besoin demain. Dès lors, l’option du coup d’État ayant déjà échouée plusieurs fois, Washington envisage l’action militaire indirecte, par Colombie interposée. Dans cette perspective, l’administration états-unienne commence à forger diverses intoxications médiatiques pour justifier d’un conflit. Salim Lamrani revient sur les actions de trafic de drogues.

 


13 février 2008

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Paris (France)

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 États-Unis
 Venezuela
 Colombie

Thèmes
 Contrôle de l’Amérique latine

Photo : John P. Walters et l’ambassadeur de Colombie à Washington

L’hostilité de l’administration Bush à l’’égard du gouvernement vénézuelien a marqué un nouveau pas le 19 janvier 2008 avec les déclarations du « tsar antidrogue » états-unien John P. Walters. En effet, lors d’une visite en Colombie, ce dernier a accusé le président Hugo Chávez « d’être en train de se convertir en un grand facilitateur du trafic de cocaïne vers l’Europe et d’’autres endroits de l’’hémisphère » [1]. Cette nouvelle attaque contre le plus populaire des leaders latino-américains, loin d’être gratuite, fait partie de la stratégie de diabolisation de l’administration bolivarienne orchestrée par la Maison-Blanche afin de justifier une action plus radicale contre le Venezuela. Désormais, Washington et Bogota tentent de lier le Venezuela au trafic international de drogue afin de ternir l’’image du président Chávez [2].

Attaques contre le Venezuela

Quelques jours plus tard, le 24 janvier 2008, le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos a déclaré qu’au moins trois chefs des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) vivaient au Venezuela, sans fournir de plus amples détails. Au même moment, le vice-président colombien Francisco Santos a accusé le maire de Maracaibo Gian Carlo Di Martino de fournir des armes à la guérilla colombienne et plus précisément à l’’Armée de libération nationale (ELN), en se basant sur une vidéo qui s’est révélée être fausse. Loin de faire marche arrière, ce dernier a même affirmé que l’élu vénézuelien serait capturé et emmené en Colombie [3]. Pour sa part, Di Martino a dénoncé « un montage qui dévoile le plan des États-Unis […] et du gouvernement colombien de provoquer un processus de déstabilisation a la frontière vénézuelienne [4] ».

Les services de renseignement colombiens ont également accusé le Venezuela de fournir des munitions aux FARC et à l’ELN, suivant les déclarations du Département de la Défense des États-Unis [5]. L’’opposition vénézuelienne a emboîté le pas à Washington et Bogota. Une ancienne responsable du Bureau national antidrogue (ONA), Mildred Camero, a déclaré que des supposés narcotrafiquants étaient « protégés par les autorités vénézueliennes et qu’’ils agissaient avec une liberté absolue [6] ».

Le point commun entre toutes ces accusations est l’’absence absolue de preuves ou de faits concrets étayant les diverses déclarations. Le président Chávez a dénoncé les manœœuvres colombiennes et états-uniennes. « J’alerte le monde à ce sujet : l’empire nord-américain est en train de créer les conditions pour générer un conflit armé entre la Colombie et le Venezuela », a-t-il souligné. « En moins d’une semaine le chef des forces armées de l’empire s’est rendu en Colombie [suivi par] le tsar antidrogue qui a dit que j’étais un ‘grand facilitateur’ du narcotrafic », a-t-il ajouté, fustigeant par la même occasion les déclarations du ministre colombien de la Défense [7].

Le président du Nicaragua Daniel Ortega a également mis en garde la communauté internationale contre le danger représenté par l’actuelle campagne destinée à lier le Venezuela au trafic de drogue. « Les États-Unis sont en train d’utiliser le territoire colombien […]. Il s’’agit d’’un pays qui est militairement occupé par les États-Unis, pour essayer de détruire cet espace qui est en train de s’ouvrir en Amérique latine », a-t-il noté. « Nous espérons que le peuple colombien pourra freiner l’attitude de son gouvernement afin qu’il ne commette pas la folie de provoquer une confrontation [8] ».

Alvaro Uribe et la Drug Enforcement Agency impliqués dans le trafic de drogue

En réalité, le seul haut dirigeant à être impliqué dans le trafic de drogue est le président colombien Alvaro Uribe, comme le souligne une source au-dessus de tout soupçon : un rapport de renseignement du département de la Défense des États-Unis de septembre 1991 détaille les relations de ce dernier avec le cartel de Medellín et les paramilitaires. Ce document confidentiel liste 104 « délinquants, assassins, trafiquants et avocats suspects » dont « Alvaro Uribe, homme politique et sénateur colombien consacré à collaborer avec le Cartel de Medellín ». Le rapport ajoute que « Uribe a été lié à […] des activités narcotiques aux États-Unis […], il a travaillé pour le Cartel de Medellín et est un ami proche de Pablo Escobar Gaviria [9] ».

Un mémorandum élaboré par l’avocat du Département de la Justice des États-Unis Thomas M. Kent révèle également que l’Agence de lutte contre la drogue (Drug Enforcement Agency – DEA), qui fait partie du département de la Justice, a régulièrement collaboré avec les narcotrafiquants colombiens et les paramilitaires et que ses fonctionnaires « sont des agents corrompus dans la guerre contre la drogue ». Ce document constitue un réquisitoire implacable contre la DEA et affirme, entre autres, que de nombreux fonctionnaires sont à la solde de criminels colombiens, qu’ils sont complices d’assassinats d’informateurs et directement impliqués dans le soutien des opérations de blanchiment d’argent des escadrons de la mort. Le mémorandum ajoute également que les agents corrompus jouissent de la protection des plus hautes instances gouvernementales [10].

Le mémorandum de Kent, daté du 19 décembre 2004, s’est basé sur les déclarations d’agents de la DEA en Floride écartés du service pour avoir osé dénoncer les cas de corruption. Selon l’avocat états-unien, ces derniers ont fait face à « des risques terribles pour leurs carrières et leur sécurité, ainsi que la sécurité de leurs familles » pour avoir révélé « les noms de ceux qui sont directement impliqués dans l’activité criminelle à Bogota et aux États-Unis [11] ».

D’après Kent, un agent de la DEA a été impliqué dans une activité criminelle en collaborant avec les escadrons de la mort de l’organisation paramilitaire Autodefensas Unidas de Colombia (AUC), responsable de plusieurs milliers d’assassinats. Le mémorandum expose « son implication dans le blanchiment d’argent pour les AUC ». Loin d’être traduit en justice, ce même agent a été promu et « s’occupe désormais de nombreuses enquêtes de stupéfiants et de blanchiment d’argent ». L’avocat affirme que les fonctionnaires du département de la Justice ont classé l’affaire compromettante sans suite. « En juin 2004, la OPR [Office of Professional Responsability, qui est une branche de la DEA] et la DEA […] ont demandé à mon agent chargé du cas de leur fournir toutes les informations […]. Une semaine plus tard, l’enquête sur le blanchiment d’argent fut close [12] ».

Le mémorandum de Kent détaille également trois cas impliquant des agents de la DEA en Colombie. Les fonctionnaires en question ont participé à une conspiration visant à assassiner des informateurs qui sont passés aux aveux. « Ils ont effectué d’étonnantes révélations au sujet des agents de la DEA à Bogota. Ils ont affirmé qu’ils avaient été assistés dans leurs activités narcotiques par les agents. Ils ont allégué de manière spécifique que les agents leur fournissaient des informations sur les enquêtes et d’autres activités en Colombie », a écrit l’avocat. Les agents de Bogota ont ensuite rencontré l’informateur auteur de la confession. « En sortant de la réunion, il fut assassiné », affirme le mémorandum. « D’autres informateurs […] qui ont travaillé avec le groupe de la DEA en Floride ont également été assassinés. Chaque assassinat a été précédé d’une demande d’identification de la part d’un agent de la DEA [13] ».

Les agents de la DEA à Bogota ont également empêché plusieurs informateurs de se rendre aux États-Unis pour témoigner. Alors qu’ils étaient chargés de s’occuper de leur voyage, les fonctionnaires de Bogota ont procédé à leur arrestation. Le mémorandum souligne que « les informateurs ont été détenus neuf mois alors que fusaient les accusations. Une fois que l’on a pu démontrer que les agents à Bogota mentaient, les informateurs ont été libérés. L’un des informateurs a été enlevé et assassiné à Bogota, où il se cachait [14] ».

Par ailleurs, les agents de la DEA en Colombie ont empêché un informateur de rencontrer des agents venus de Floride dans le cadre d’une enquête les concernant. Ils n’ont d’ailleurs pas lésiné sur les moyens. « Un agent de Bogota qui s’est rendu à Washington a affirmé cette fois que l’informateur était un pédophile. L’enquête fut mise de côté. L’agent fut sollicité pour étayer son affirmation mais il n’a plus apporté aucune preuve [15] ».

La légitimité morale de Washington et de Bogota mise à mal

Les révélations de l’avocat Kent sont accablantes aussi bien pour la Colombie que pour les États-Unis et mettent à mal leur légitimité morale pour s’ériger en donneurs de leçons. Quant au président Uribe, le rapport du département de la Défense est implacable à son égard et démontre son implication dans le crime organisé et le trafic international de drogue.

Uribe n’est pas le seul haut responsable colombien à être impliqué dans le trafic de stupéfiants. Un général de l’armée colombienne à la retraite, Pauselino Latorre, ancien commandant des services de renseignement, ainsi que son neveu Leobardo Latorre, lui-même ancien procureur de l’unité anti-narcotique du Parquet ont été arrêtés en janvier 2008 pour blanchiment d’argent à hauteur d’un million de dollars et association avec les mafias de la drogue. Ils avaient élaboré un système pour envoyer des quantités substantielles de cocaïne (dix tonnes par mois) non seulement aux États-Unis mais également en Europe et en Afrique [16].

Une réalité différente

Il convient de rappeler certains éléments indispensables au sujet de la problématique du trafic des drogues et de faire la lumière sur la campagne de discrédit lancée par Washington et Bogota contre le Venezuela. En effet, le plus grand producteur de cocaïne et le plus important consommateur de cette substance au monde n’est pas le Venezuela mais la Colombie. Ensuite, les États-Unis restent le plus important consommateur de drogues de la planète et n’ont jamais agi contre les institutions financières impliquées dans le blanchiment d’argent en provenance du trafic de drogue [17].

L’administration Bush essaye de faire croire au monde que le Venezuela serait devenue la plaque tournante du trafic de drogue dans le monde. Le département d’État a d’ailleurs placé, pour la troisième année consécutive, le pays dans la liste des nations ayant échoué dans la lutte contre le trafic de drogue. Cependant, le rapport mondial sur les drogues des Nations unies de 2007 contredit ces affirmations :

« Les expéditions vers l’Espagne transitent fréquemment, semble-t-il, par le Venezuela, le Brésil et un certain nombre d’autres pays, dont l’Équateur, la République dominicaine, l’Argentine et —c’est là une tendance nouvelle— le Mexique. Depuis deux ou trois ans, toutefois, la principale nouvelle tendance est l’expédition de cocaïne en Afrique de l’Ouest, généralement le long des côtes du Cap-Vert, de la Guinée-Bissau et des îles Canaries, ainsi que dans d’autres pays situés le long du Golfe de Guinée, dont le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Nigeria et, plus à l’ouest, la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria, en vue d’une livraison ultérieure en Europe [18] ».

Par ailleurs, le Venezuela est reconnu pour sa lutte active contre le trafic des drogues. Depuis la rupture de la collaboration avec la DEA en 2005, les autorités bolivariennes sont passées de 43,25 tonnes saisies en 2004 à 77,52 tonnes en 2005. Au Venezuela, la DEA s’était rendue coupable d’activités conspiratrices et d’espionnage en faveur de l’opposition putschiste. La DEA a également bafoué à maintes reprises la législation vénézuelienne en procédant à l’arrestation de plusieurs individus, alors qu’il s’agit d’une compétence exclusive des autorités du pays. Caracas avait dénoncé « une flagrante violation de la souveraineté nationale » et une mise « en danger de la sécurité et de la défense de la nation [19] ».

Enfin, il est difficile d’accuser les autorités vénézueliennes d’attentisme ou d’immobilisme dans la lutte contre le trafic de drogue. En effet, selon le Bureau national contre les drogues (ONA), en 2007, 57 tonnes de drogues et 53 avions ont été saisis sur le territoire national. Treize laboratoires de production de cocaïne ont été détruits à la frontière colombienne ainsi que 60 pistes d’atterrissage clandestines. En outre, 126 autres pistes sont en passe d’être démantelées. Plus de 178 tonnes de substances chimiques ont été saisies ainsi que 23 immeubles, 25 embarcations, 18 avions, 53 fermes et 106 véhicules utilisés dans cette activité criminelle. Le Venezuela a également procédé à l’extradition de trois individus vers la Colombie en mars et avril 2007, répondant favorablement à une demande du département administratif de sécurité (DAS) de ce pays. Un citoyen états-unien a également été déporté, suite à une demande de Washington [20].

Le Venezuela a investi 480 millions de dollars dans l’installation de radars permettant de contrôler l’espace aérien national, et plus particulièrement la frontière avec la Colombie. Plus de 380 fonctionnaires des services de la sécurité de l’État sont employés à plein dans la surveillance des éventuels trafics illicites et l’analyse des images satellites pour détecter les cultures illicites. En décembre 2007, pas moins de 14 survols de la zone frontalière ont été effectués [21].

Les institutions internationales telles que les Nations unies, mais également l’Organisation des États américains ont salué les efforts vénézueliens dans la lutte contre le trafic la drogue, notamment au niveau de l’utilisation du système interaméricain des données uniformes sur la consommation des drogues, l’application de programmes de prévention, la réalisation d’enquêtes nationales, la création d’un registre national de substances chimiques à contrôler, la promulgation de la loi organique contre le crime organisé, l’éradication systématique des cultures de drogues et la ratification de plusieurs conventions internationales de lutte contre les drogues [22].

Ainsi, le rapport 2007 de la Commission interaméricaine pour le contrôle de l’abus de drogues (CICAD) reconnaît les efforts réalisés par le Venezuela. Caracas a également signé 50 accords bilatéraux avec 37 pays concernant la lutte contre le trafic de drogue. Le Bureau national anti-drogues a été distingué pour son efficacité par la plupart des pays de la région et également par des nations telles que l’Espagne, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas [23].

Le gouvernement bolivarien a également élaboré une stratégie nationale pour lutter contre le trafic de drogue en construisant trois aéroports à Maracaibo, Margarita et La Guaira qui seront les seuls points d’entrée et de sortie pour les avions privés et permettront ainsi d’exercer un meilleur contrôle du flux aérien. Un système d’identification (IFF) a été mis en place et permet de suivre la trace des avions qui entrent illégalement dans l’espace aérien du pays. Un réseau national anti-drogues a également vu le jour et implique l’ensemble des services sociaux de la nation. Caracas a enfin lancé un plan quinquennal (2008-2013) innovateur pour rendre plus efficace la lutte contre le crime organisé avec notamment un meilleur contrôle des voies maritimes et aériennes [24].

Il sied de rappeler que les États-Unis, qui prétendent mener une guerre mondiale contre le trafic de substances illicites et qui accusent le Venezuela de manque de coopération dans ce domaine, ont empêché le gouvernement bolivarien d’acquérir des avions espagnols indispensables à la surveillance des frontières, car ces derniers contenaient des composants états-uniens. Washington a également interdit au Brésil de vendre 24 avions Tucanos à Caracas pour les mêmes raisons, alors qu’ils devaient être employés dans la lutte anti-drogues. Enfin, l’administration Bush a décidé de retirer deux radars de surveillance qui se trouvaient sur le sol vénézuelien [25].

La double morale de Washington et les menaces de Bogota

Comme cela est aisément constatable, la Maison-Blanche ne dispose guère d’autorité morale pour stigmatiser le Venezuela sur la question de la lutte contre la drogue. La crédibilité de Washington se retrouve fortement ébranlée et c’est la raison pour laquelle les appels du département d’État et de son porte-parole Thomas A. Shannon à reprendre le dialogue à ce sujet avec le Venezuela ne peuvent pas être pris au sérieux [26].

De plus, Caracas n’a jamais fait preuve d’ambiguïté à ce sujet et s’est, au contraire, montré très clair : « Le narcotrafic est une activité criminelle aux conséquences immorales et tragiques. Il produit des millions de dollars pour les cartels de la drogue, mais détruit physiquement et moralement des millions d’êtres humains qui peuplent la terre. La lutte contre le narcotrafic est une obligation éthique [27] ».

Hugo Chávez a réitéré sa mise en garde contre une éventuelle offensive colombienne contre le Venezuela. Ses soupçons ont de plus été confirmés par les services de renseignement des pays de la région [28]. Il a annoncé la mise en état d’alerte des forces armées car il « est possible que la Colombie se prête à une action militaire contre le Venezuela mais elle le regretterait pendant cent ans [29] ». « J’accuse le gouvernement colombien de conspirer, agissant comme une marionnette de l’empire états-unien, et d’envisager une provocation militaire contre le Venezuela [30] ». De son côté, Washington a nié une telle possibilité [31].

Lors d’une réunion avec les familles d’otages colombiens, le ministre vénézuelien des Affaires étrangères, Nicolas Maduro, a réitéré son souhait de maintenir des relations cordiales et pacifiques avec la Colombie et à apporter modestement sa contribution en faveur de la libération de tous les otages et de la paix. Les FARC viennent d’ailleurs d’annoncer la libération unilatérale de trois nouvelles personnes [32].

La campagne de désinformation lancée par la Maison-Blanche et relayée par Bogota a pour but que de ternir l’image du gouvernement vénézuelien, peut-être en vue d’une intervention militaire indirecte. En effet, Washington n’accepte pas de voir une nation du sous-continent s’affranchir de sa tutelle et revendiquer son indépendance.

 Salim Lamrani
Enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis. Dernier ouvrage publié : Cuba face à l’empire : Propagande, guerre économique et terrorisme d’État, éditions Timéli.
Les articles de cet auteur




[1] « Opération "Juste Cause" au Venezuela ? », par Romain Migus, Réseau Voltaire, 31 janvier 2008.

[2] The Associated Press, « Venezuela rechaza acusación de zar antidrogas de EE.UU. », 21 janvier 2008.

[3] Agencia Bolivariana de Noticias, « EEUU crea condiciones para generar conflicto entre Venezuela y Colombia », 26 janvier 2008.

[4] Agencia Bolivariana de Noticias, « Di Martino : El video es un montaje », 26 janvier 2008.

[5] Gonzalo Guillén, « Acusan a Chávez de suministrar balas a las FARC y el ELN », El Nuevo Herald, 21 janvier 2008.

[6] The Associated Press / El Nuevo Herald, « Ex jefa antidrogas denuncia apoyo a narcos en Venezuela », 4 février 2008. Voir également The Associated Press / El Nuevo Herald, « Denuncian protección de narcos en Venezuela », 3 février 2008.

[7] The Associated Press / El Nuevo Herald, « Chávez : EEUU propicia conflicto armado Colombia-Venezuela », 26 janvier 2008.

[8] Ibid.

[9] Agencia Bolivariana de Noticias, « EEUU conoce vínculos del presidente de Colombia con el narcetráfico y el paramilitarismo », 23 janvier 2008.

[10] Agencia Bolivariana de Noticias, « DEA colabora con narcos y paramilitares en Colombia », 25 janvier 2008.

[11] Bill Conroy, « Leaked Memo : Corrupt DEA Agents in Colombia Helps Narcos and Paramilitaries. Internal Justice Dept. Document Alleges Drug Trafficking Links, Money Laudering and Conspiracy to Murder », The Narco News Bulletin, 9 janvier 2006.

[12] Ibid.

[13] Ibid.

[14] Ibid.

[15] Ibid.

[16] Agencia Bolivariana de Noticias, « General y ex fiscal colombianos arrestados por pertenecer a mafia de la droga », 25 janvier 2008.

[17] Agencia Bolivariana de Noticias, « Discurso del Embajador Jorge Valero, Viceministro para América del Norte y Asuntos Multilaterales y Representante Permanente de Venezuela, ante el Consejo Permanente de la OEA », 23 janvier 2008.

[18] Office contre la drogue et le crime, 2007, Rapport mondial sur les drogues, Nations Unies, 2007, p. 81.

[19] Agencia Bolivariana de Noticias, « Discurso del Embajador Jorge Valero, Viceministro para América del Norte y Asuntos Multilaterales y Representante Permanente de Venezuela, ante el Consejo Permanente de la OEA », op. cit.

[20] Ibid.

[21] Ibid.

[22] Ibid.

[23] Ibid.

[24] Ibid.

[25] Ibid. Voir également : The Associated Press / El Nuevo Herald, « Venezuela instalará nuevos radares para combatir narcotráfico », 24 janvier 2008.

[26] Néstor Ikeda, « EEUU invita otra vez a Venezuela a ir al diálogo », The Associated Press / El Nuevo Herald, 23 janvier 2008.

[27] Agencia Bolivariana de Noticias, « Discurso del Embajador Jorge Valero, Viceministro para América del Norte y Asuntos Multilaterales y Representante Permanente de Venezuela, ante el Consejo Permanente de la OEA », op. cit.

[28] Agencia Bolivariana de Noticias, « Présidente advierte que Colombia pudiera estar preparando ofensiva contra Venezuela », 3 février 2008.

[29] The Associated Press / El Nuevo Herald, « Chávez : Militares en alerta ante posible amenaza de Colombia », 2 fevrier 2008.

[30] Jorge Rueda, « Chavez : Colombia Plans Aggression », The Associated Press, 26 janvier 2008.

[31] The Associated Press / El Nuevo Herald, « Subsecretario de EEUU descarta conflicto armado Venezuela y Colombia », 23 janvier 2008.

[32] Agencia Bolivariana de Noticias, « Canciller Maduro reiteró el compromiso del Gobierno de Venezuela con la paz », 5 février 2008.

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