Partager l'article ! A Montpellier, quatre lycéens et un étudiant ont été mis une journée en garde à vue et risquent 4500€ d’amende pour avoir distribué des tra ...
"Ils l'ont fait parce qu'ils ne savaient pas que c'était impossible"
Par Le correspondant NPA 34, mardi 14 décembre 2010 à 21:22

13 décembre : Mediapart relaye le témoignage de
Sophie
Suite du témoignage de Sophie :
Là, on a ralentit un peu la circulation, mais on tractait. On ne pouvait pas faire autrement. On ne s'est pas mis au milieu en bloquant tout. Quand les voitures
avaient les tracts, on les laissait passer. Tout d'un coup, on entend des sirènes, donc on se met tous sur le trottoir. Les policiers nationaux arrivent en uniforme avec deux camions et une
voiture (peut-être même plus, je m'en rappelle pas trop). Là, certains lycéens entendent les policiers dire "on prend les gros bras". Donc, tout le monde crie "Ils prennent les gros bras. Les
gars, courrez".
Ils prennent deux "gros bras" et en mettent un dans un camion, l'autre dans une voiture. Un garçon se précipite et demande "c'est quoi ton nom ?" il se fait
embarquer lui aussi dans le camion, une autre qui le suivait crie "T'a le numéro de l'avocat ?". Hop, dans le camion lui aussi. Un lycéen de Jean Monnet arrive après eux et dit au policier qui
ont embarqué nos quatre camarades "s'il vous plaît relâchez les, ils ont rien fait" d'une voie calme. le policier sort sa matraque et le tape violemment à la hanche, et lui met un chassé dans
les jambes, ce qui l'a fait tomber (il a d'ailleurs un bleu énorme à la hanche). J'étais à 5 centimètres, et je suis restée là, choquée, en le regardant se relever. Tout le monde a applaudit
ironiquement la police, et moi j'ai rien fait, bugant en revoyant la scène, mais comme j'étais la plus proche, c'est moi qu'ils ont pris. Tout ce paragraphe c'est déroulé en 30
secondes.
J'étais dans la voiture avec Clément de Jean Monnet (moi je suis de Clémenceau).
Dans le camion il y avait Nat de Paul Valéry, Roman de Joffre, et Lauriel de Sète (lycée Charles de Gaule). Nous étions tous mineurs. Dans le camion, les flics
les ont traités de "petit pédé" (c'est ce qu'ils m'ont dit... moi j'étais en voiture pas dans le camion). Apparemment, y'a un flic qui a demandé à un des gars qui se sont fait arrêter avec moi
(je sais plus lequel) si il voulait bien signer une décharge comme quoi le flic n'été pas responsable de ce qui s'était passé pendant l'interpellation. Ca va, il est pas débile, il a pas
signé.
Arrivés à l'hôtel de ville, on a été fouillés et on nous a interrogé individuellement. Nat (l'étudiant de Paul-Va), pendant qu'on attendait pour l'interrogatoire
était stressé, sous pression (comme nous tous) et il a sorti à un flic (tout en étant d'un calme étonnant) qui parlait super mal "t'as vu comment tu parles ?". Le flic a réagi au quart de tour,
il a dit : "Ouais, t'as de la chance que j'ai l'uniforme, sinon si je te croise dans la rue, je te nique ta gueule. Je te jure je vais te rechercher, et je vais te défoncer ta petite gueule,
parce que quand t'a des reubeux en face de toi, tu fermes direct ta gueule..."
Bref, il a fait un speech de 5 minutes en répétant à chaque fin de phrase "je te nique ta gueule". Je me souviens juste du début, parce que après c'était
tellement répétitif que ça m'a saoulé, j'ai même plus écouté sinon j'allais péter un plomb, et c'est exactement ce qu'ils voulaient. Puis, on est descendus au sous-sol où on nous a pris nos
empreintes digitales sans possibilité de refus et où nous avons été pris en photos avec une ardoise à la main qui déclinait notre identité et un numéro et des lettres (comme dans les
film).
On a ensuite été mis en cellule, où il faisait très froid, sombre et où il y avait de la pisse par terre. Nous avions très faim (on avait déjeuné vers 6H du
matin, et nous n'avions pas mangé depuis). Nous n'avions pas d'objets sur nous. Ils nous avez pris nos portables et tout nos effets personnels.
Quand les manifestants qui avaient distribué les tracts avec nous sont allés faire un sitting à 13 heures devant l'hôtel de police, la police leur avait déclaré
que nous serions relâchés à 14H et sans aucune poursuites. Mais on est rentrés à midi au commissariat central, et ce n'est qu'à cinq heures qu'ils ont appelé les parents (soit-disant qu'ils
avaient oublié de les prévenir). Or, comme nous n'étions pas majeurs, nous ne pouvions sortir sans les parents. Ce qui fait que le premier est finalement sorti à 18H et le dernier à 19H. Nous
sommes donc restés entre 6 et 7H à l'hôtel de police.
Nous sommes pourtant convoqués au tribunal le mercredi 15 décembre à 10H30 pour le motif d'entrave à la circulation. Ils ont mis sur la convocation que nous avons
bloqué la voie à l'aide d'objets et que nous nous sommes mis au milieu sans bouger, ce qui est totalement faux.
Certains policiers m'ont dit que je risquais 4500 euros d'amende et 2 ans de prison pour mineur, mais ils ont dit des choses différentes à chacun pour nous
perdre.
Sophie »
Le tract distribué par ces lycéens :
Les lycéens toujours mobilisés contre la réforme des retraites !
D'après le gouvernement :
L'espérance de vie augmente, donc il faut travailler plus longtemps.
L'âge légal de départ à la retraite dans les autres pays européens est plus élevé, avec par exemple l'Allemagne qui est à 68 ans.
Le déficit budgétaire concernant la retraite est estimé à 40 milliards d'euros.
Or
L'espérance de vie en bonne santé est de 62,4 ans pour un homme et 64,2 ans pour une femme.
La durée de cotisation en France est de 42 ans alors qu'en Allemagne elle est de 35 ans.
Le PIB français est estimé à 2000 Milliards d'euros, la part des richesses accordées aux salariés à diminué de 200 Milliards d'euros par ans depuis
1982.
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(1)
(L'Hérault du Jour, 25 novembre)
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