Les biocarburants restent chers et marginaux, malgré une fiscalité favorable

Publié le par AlterMan

mardi 13 septembre 2005, 17h25

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PARIS (AFP) - Les biocarburants, que le gouvernement veut encourager comme une alternative au pétrole, restent plus chers à produire que les carburants classiques et sont marginalement utilisés, malgré un régime fiscal plus favorable.

Lancés en France en 1992 pour échapper au gel des terres cultivées pour l'alimentation imposé par la Politique agricole commune, les biocarburants sont fabriqués à partir de plantes, répartis en deux grandes familles: les éthanols, connus aussi sous le nom de "bioessence", et les biodiesels, commercialisés sous l'appellation "diester".

 

Le biodiesel est fabriqué à partir de cultures oléagineuses (colza et tournesol en France), tandis que l'éthanol est dérivé du blé et de la betterave et bientôt du maïs en France, de la canne à sucre au Brésil et du maïs aux Etats-Unis.

 

Les biocarburants ne sont jamais utilisés seuls mais incorporés dans des carburants classiques (essence pour l'éthanol, gazole pour le biodiesel) à hauteur de 5% maximum.

 

Ils présentent l'avantage d'émettre moins de gaz à effets de serre, puisque les rejets de CO2 (dioxyde de carbone) sont réduits d'environ 60% dans la combustion d'éthanol pur, et de 70% dans la combustion de biodiesel pur.

 

Mais ils peuvent avoir un impact négatif sur l'environnement car les biocarburants sont généralement issus de cultures intensives, grosses consommatrices d'engrais et de pesticides.

 

"Du point de vue du rendement énergétique et des impacts écologiques", les biocaburants présentent "de graves défauts", soulignent les écologistes de France Nature Environnement.

 

En outre, leur production coûte cher, si bien qu'ils ne sont pas encore rentables par rapport à l'essence et au gazole, même avec un baril de pétrole à 70 dollars.

 

Selon la présidente de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), Michèle Pappalardo, "certains biocarburants" comme le diester seraient "compétitifs à 65 dollars le baril".

 

En revanche, l'éthanol français (de betterave et de blé) n'est pas encore rentable, selon les calculs de l'Institut Français du Pétrole (IFP).

 

L'éthanol coûterait (en retenant une base de 0,5 euros par litre) 23,8 euros par gigajoule, contre 13 euros/GJ pour l'essence, avec un baril légèrement inférieur à 70 dollars.

 

Les effets de change jouent aussi en défaveur de la rentabilité des biocarburants, puisque le brut est payé en dollars tandis que les biocarburants européens sont calculés en euros, ajoute l'IFP.

 

Ce qui explique pourquoi la part des biocarburants dans la consommation totale de carburants reste très marginale en France, à 1%, alors qu'une directive européenne prévoit que cette part soit portée à 5,75% en 2010.

 

Le Premier ministre Dominique de Villepin a redit mardi sa volonté de porter cette part à 5,75% dès 2008.

 

Pour atteindre cet objectif, il a annoncé des exonérations fiscales supplémentaires portant sur 1,8 million de tonnes de biocarburants, qui s'ajoutent aux 500.000 tonnes déjà concernées par des exonérations fin 2005, et aux 800.000 tonnes en 2006-2007, selon les chiffres de l'IFP.

 

Les biocarburants bénéficient d'exonérations fiscales importantes. Ils jouissent d'un dégrèvement de TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) variable selon les carburants. Cette ristourne est de 33 euros par hectolitre de diester, et de 37 EUR/hl pour l'éthanol. La TIPP s'élève à 41,7 EUR/hl pour le gazole et à 58,9 EUR/hl pour l'essence super sans plomb.

http://fr.news.yahoo.com/050913/202/4kz9o.html

Lancés en France en 1992 pour échapper au gel des terres cultivées pour l'alimentation imposé par la Politique agricole commune, les biocarburants sont fabriqués à partir de plantes, répartis en deux grandes familles: les éthanols, connus aussi sous le nom de "bioessence", et les biodiesels, commercialisés sous l'appellation "diester". Le biodiesel est fabriqué à partir de cultures oléagineuses (colza et tournesol en France), tandis que l'éthanol est dérivé du blé et de la betterave et bientôt du maïs en France, de la canne à sucre au Brésil et du maïs aux . Les biocarburants ne sont jamais utilisés seuls mais incorporés dans des carburants classiques (essence pour l'éthanol, gazole pour le biodiesel) à hauteur de 5% maximum. Ils présentent l'avantage d'émettre moins de gaz à effets de serre, puisque les rejets de CO2 (dioxyde de carbone) sont réduits d'environ 60% dans la combustion d'éthanol pur, et de 70% dans la combustion de biodiesel pur. Mais ils peuvent avoir un impact négatif sur l'environnement car les biocarburants sont généralement issus de cultures intensives, grosses consommatrices d'engrais et de pesticides. "Du point de vue du rendement énergétique et des impacts écologiques", les biocaburants présentent "de graves défauts", soulignent les écologistes de France Nature Environnement. En outre, leur production coûte cher, si bien qu'ils ne sont pas encore rentables par rapport à l'essence et au gazole, même avec un baril de à 70 dollars. Selon la présidente de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), Michèle Pappalardo, "certains biocarburants" comme le diester seraient "compétitifs à 65 dollars le baril". En revanche, l'éthanol français (de betterave et de blé) n'est pas encore rentable, selon les calculs de l'Institut Français du (IFP). L'éthanol coûterait (en retenant une base de 0,5 euros par litre) 23,8 euros par gigajoule, contre 13 euros/GJ pour l'essence, avec un baril légèrement inférieur à 70 dollars. Les effets de change jouent aussi en défaveur de la rentabilité des biocarburants, puisque le brut est payé en dollars tandis que les biocarburants européens sont calculés en euros, ajoute l'IFP. Ce qui explique pourquoi la part des biocarburants dans la consommation totale de carburants reste très marginale en France, à 1%, alors qu'une directive européenne prévoit que cette part soit portée à 5,75% en 2010. Le Premier ministre a redit mardi sa volonté de porter cette part à 5,75% dès 2008. Pour atteindre cet objectif, il a annoncé des exonérations fiscales supplémentaires portant sur 1,8 million de tonnes de biocarburants, qui s'ajoutent aux 500.000 tonnes déjà concernées par des exonérations fin 2005, et aux 800.000 tonnes en 2006-2007, selon les chiffres de l'IFP.

Publié dans Sciences de l'Energie

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