Écoutes de l'Élysée : réquisitions inchangées

Publié le par AlterMan

CORRECTIONNELLE Le versement au dossier du rapport Bouchet, jusqu'alors classé secret défense, n'a pas modifié le sens du procès


Le procès des écoutes de l'Élysée s'est poursuivi, hier, devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, alors que la déclassification d'un document jusqu'alors protégé par le secret défense avait justifié la réouverture des débats. Estimant que le fameux «rapport Bouchet» n'avait fait que confirmer certains éléments du dossier, le procureur a maintenu l'intégralité des réquisitions qu'il avait formulées en février dernier.

Anne-Charlotte De Langhe
[13 septembre 2005]

 

Paul Barril esquisse un mince rictus ; son conseil, Me Jacques Vergès, aussi. Discret, le mimétisme n'en est pas moins flagrant. Les deux hommes ont, il est vrai, une raison de se réjouir. Le procureur ne s'attarde même pas sur le cas de l'ancien capitaine de gendarmerie, vilain petit canard de la cellule de l'Élysée aujourd'hui poursuivi pour avoir délibérément laissé filer plusieurs retranscriptions d'écoutes vers l'extérieur. «Aucun élément nouveau n'est apparu au cours des derniers débats», précise le magistrat, qui requiert pour la seconde fois la relaxe.


Sur les bancs de la partie civile, on craint tout simplement d'avoir vu juste. En plaidant la semaine dernière, une avocate subodorait que Paul Barril passerait «une fois de plus à travers les mailles du filet». La manoeuvre est en bonne voie. Me Vergès, du coup, n'a plus qu'à enfoncer le clou : «Monsieur Bouchet (NDLR : l'auteur du rapport sur les «dysfonctionnements» survenus au sein de la cellule des écoutes), de conséquence en conséquence, de raisonnement en raisonnement, a mis en place un système dans lequel Paul Barril n'a rien à voir», plaide-t-il. Pas plus qu'il n'a, toujours selon son conseil, quelque chose «à faire dans ce procès». A 60 ans, celui qui nie avoir organisé la remise en main propre de documents issus du «cabinet noir» de l'Élysée à un journaliste de Libération sort donc indemne de ce deuxième round judiciaire, accroché à l'espoir d'un jugement aussi clément que le réquisitoire.


Christian Prouteau est, lui, arrivé à juste à temps pour entendre le procureur. A l'instar des onze autres prévenus, l'ancien chef de la cellule élyséenne et ex-numéro un du GIGN apprend que l'examen du rapport Bouchet ne modifie en rien son sort judiciaire : pour atteinte à la vie privée, il risque encore et toujours dix mois de prison avec sursis et 8 000 euros d'amende. Avec lui dans la barque : Michel Delebarre et Louis Schweitzer (respectivement cinq et six mois avec sursis requis), directeurs de cabinet du premier ministre dans les années 80, mais également Gilles Ménage (dix mois avec sursis), directeur adjoint de cabinet de François Mitterrand. Son avocat, Me Patrick Maisonneuve, n'a d'ailleurs qu'un seul regret : ne pas savoir, après une si longue instruction et trois mois et demi d'audience, qui avait accordé ce «statut spécial» à la fameuse cellule de l'Élysée...

http://www.lefigaro.fr/france/20050913.FIG0215.html?203938

 
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