KAFKA AUX ETATS-UNIS…

Publié le par logo

 

Madame Saidi, mère de famille britannique élevant seule ses enfants, avait décidé de faire une surprise à ses filles agées de 15 et 13 ans. Pour les vacances de Noël 2007, elles les emmènerait en vacances pour une semaine de tourisme et de shopping à New-York. Mais peu de temps après son arrivée, affaiblie par la clim' de l'avion et le froid new-yorkais, Mme Saidi tomba malade. Le médecin appelé à l'hôtel diagnostiqua une infection pulmonaire aigue et fit hospitaliser la mère de famille pour quelques jours.


 

[Tim Carr - IES News Service - 24/01/2008]


L'hôtel informa Mme Saidi que, ses filles étant mineures, elles ne pourraient rester seules à l'hôtel et devaient donc accompagner leur mère à l'hopital.

A l'hôpital, les infirmières étaient tout à fait prètes à laisser les deux filles dormir sur des lits pliants à coté de leur mère, étant donné que l'hospitalisation ne devait pas durer plus de deux-trois jours. Mais l'administration de l'hôpital refusa. Pas question de se charger de ces deux enfants mineures, un hôpital n'est pas un hôtel, voyons !

L'administration téléphona aux services sociaux qui vinrent prendre les deux adolescentes pour les emmener dans un orphelinat municipal, situé dans le New Jersey. A leur arrivée à l'orphelinat, les deux filles - déjà passablement terrorisées par ce qui leur arrivait - furent séparées, entièrement déshabillées, fouillées et interrogées sur leurs “habitudes et mode de vie”, avant d'être enfermées chacune dans une chambre aux fenêtres grillagées pendant 30 heures d'affilée.

La direction de l'orphelinat ayant “accueilli” les filles, lança automatiquement une procédure pour “maltraitance” contre Mme Saidi, étant donné que celle-ci avait de toute évidence “abandonné” ses filles dans un orphelinat.

Mais voilà, “maltraiter” un enfant est un délit, et Mme Saidi est une étrangère aux Etats-Unis. La loi prévoit que les personnes non-résidentes qui commettent des délits doivent être expulsées sans délai. La police vint donc informer Mme Saidi qu'elle était sous le coup d'une mesure d'expulsion. Sortie de l'hopital après quelques jours, Mme Saidi s'apprétait de toute façon à rentrer chez elle.

Mais voilà… quand elle se présenta à l'orphelinat municipal pour récupérer ses filles on lui expliqua qu'elles ne pourraient lui être rendues qu'après étude de son cas et avis rendu par une commission de travailleurs sociaux et de représentants de la justice. Après tout, Mme Saidi avait “abandonné” ses enfants et en plus était maintenant sous le coup d'une mesure d'expulsion pour “délinquance”… les travailleurs sociaux ne pouvaient pas décemment remettre deux enfants entre les mains d'une telle marâtre !

Mme Saidi tenta d'expliquer sa situation et le fait qu'on ne lui avait pas laissé d'autre choix.. mais une fois lancée, l'affaire suivait son cours et il fallait attendre la réunion de la commission ad-hoc pour statuer… La police de son côté ne voulait rien savoir, la loi dit qu'il faut expulser sans délai les étrangers délinquants, Mme Saidi devait donc monter dans le premier vol en partance pour Londres… quand Mme Saidi piqua une crise de nerfs, la policière la menota, la menaça de la “tazeriser” et demanda au médecin de l'orphelinat de lui administrer un calmant “afin qu'elle se tienne tranquille”.

Ce n'est que grâce à l'intercession du consul britannique, qui contacta directement un ami dans l'administration concernée, que les filles furent rendues à Mme Saidi et que la famille réunie put rentrer chez elle…

“Avant… on croyait au ‘rève américain‘” explique Mme Saidi. “Aujourd'hui c'est fini. Ce n'est plus un pays, c'est une bureaucratie totalitaire, le pays de Kafka. J'ai déjà vécu dans les monarchies du Golfe, jamais je n'ai vu cela auparavant. Nous n'irons plus jamais aux Etats-unis“…

Quelques semaines après son retour, Mme Saidi reçut un courrier de l'administration américaine qui lui expliquait qu'elle était désormais sous le coup d'une enquête et qu'en conséquence ses prochaines demandes de visa pour les Etats-unis seraient probablement refusées…


Mercredi 30 Janvier 2008
 


http://libertesinternets.wordpress.com/ http://libertesinternets.wordpress.com/

Commenter cet article